Comment messieurs Fils et Neveu ont grippé le virtualisme présidentiel

Publié le par Moktarama



       
Je ne ferai pas un énième billet indigné à propos de la candidature officielle de Jean Sarkozy à la présidence du conseil d'administration de l'EPAD en remplacement d'un Patrick Devedjian atteint par la limite d'âge de 65 ans [1] . Ni à propos de l'évidente préparation faite depuis une année par l'Elysée afin de présenter un terrain apte à une victoire en rase campagne par un Jean Sarkozy qui occupera ici un poste certes largement honorifique, mais qui permet à son président de père de garder la haute main sur les innombrables affaires passées et à venir du département le plus riche de France – et dont l'élection à la présidence du Conseil Général dans deux ans sera la prochaine étape - , étant entendu qu'on n'est jamais mieux servi que par soi-même. Pour cela, il vous faudra payer les 1,20 € du Canard Enchaîné, dont le numéro de cette semaine contient en page quatre un article fort complet à ce sujet.

        Ce qui me semble particulier dans cette petite histoire politique est ici l'inefficacité totale de la communication élyséenne au niveau national, alors que celle-ci est fort bien rodée et habituellement classable dans les toutes premières au niveau mondial dans le domaine du virtualisme. Ce mot, lancé par l'auteur de la publication – maintenant payante à 90 % - Dedefensa [2] , vise à caractériser une propagande/communication qui, plutôt que de s'embarrasser de ce qui est considéré communément comme la réalité des faits [3] afin de modifier sa perception par les cibles – nous, en ce qui concerne la communication élyséenne - , la crée autour d'elle.

        Quelques exemples semblent ici nécessaire pour clarifier le terme : le virtualisme, c'est le ministre irakien de la propagande qui déclare alors que les troupes américaines sont dans Bagdad que « L'armée américaine va subir une terrible défaite menée par la glorieuse armée irakienne » , c'est le projet de chasseur américain JSF décrit comme à la fois le plus évolué et le moins cher tout en étant dans les temps alors que tant les plannings à ce sujet que la réalité des essais démentent mois après mois ces affirmations, c'est l'UMP se décrivant comme une force progressiste opposée à la réaction depuis deux ans maintenant [4] , c'est le G20 s'autocongratulant d'avoir éradiqué les paradis fiscaux et les bonus au sien des établissements financiers. Cette communication ne part pas d'une vision communément acceptée, qualifiable de réalité dans une certaine mesure, elle invente sa propre vision et l'impose à toute force jusqu'à ce que cette perception commune qualifiée de réalité soit modifiée.

        Le virtualisme a pour l'instant démontré une immense efficacité. Celle-ci ne se trouve mise en danger que lorsque la vision commune modifiée de la réalité se brise sur les rivages de faits que telle ou telle cible – les Français pour l'Elysée, les experts militaires pour le JSF, les experts économiques pour les G20 – voit comme absolument incompatible avec cette réalité. Il en est ainsi, pour reprendre les précédents exemples, lorsque n'importe quel Irakien pouvait constater l'échec de son armée. Il en est de plus en plus ainsi pour le JSF au fur et à mesure que rien ne vient appuyer les affirmations présentées comme Réalité depuis dix ans, la moindre d'entre elles étant que l'avion n'est toujours pas en production – et que son prix reste inconnu alors que la production en série est décrite comme imminente. Il n'en est pas de même pour le G20 : le virtualisme déployé à ces occasions conserve pour l'instant sa pleine efficacité, ainsi les paradis fiscaux ont totalement disparu du champ médiatique, et les bonus feront élégamment de même lorsque les diverses lois – en forme de bandages sur des jambes de bois – seront passées.


Nicolas Sarkozy, maître du virtualisme à la francaise

        Mais revenons à nos moutons, en l'occurence le virtualisme habilement déployé depuis l'accession à la présidence d'un Nicolas Sarkozy maître de la communication politique. Nous avons ainsi assimilé que nos chercheurs étaient à la traîne et le CNRS une institution néfaste [5] , que Nicolas Sarkozy ministre de l'Economie avait personnellement obtenu une baisse des prix généralisée de la part de la grande distribution – vous en souveniez-vous ? - , que le « confort » des installations sanitaires destinées aux populations illégalement migrantes était un facteur essentiel de leur venue dans notre pays, que le changement quel qu'il soit était systématiquement positif [6] ; et j'en passe et des meilleures, chacun dans son domaine pourra reconnaître telle ou telle intervention gouvernementale.

        Cette communication élyséenne est d'une immense efficacité, capturant à son bénéfice tant les biais des médias modernes [7] que les faiblesses politiques inhérentes aux partis ou groupes d'opposition [8] . A la différence d'une communication « classique » , le virtualisme ne permet aucun débat, puisqu'il décrit la Réalité. Ainsi, si le CNRS ne fonctionne pas, le seul débat possible portera sur sa suppression, ou sa « réforme » , et toute assertion visant à le conserver sera forcément « archaïque » , voire « réactionnaire » . De la même manière qu'aux Etats-Unis, le miraculeux JSF ne peut être mis en doute puisque le programme est déjà au-delà de toutes les espérances. Ainsi, on pourra considérer le virtualisme comme une communication absolue, poussée à un tel paroxysme – permis notamment par une profusion médiatique dont internet fait éminemment partie – qu'on serait amené à le considérer comme le versant ultra-médiatique de ce qu'on voyait comme basse propagande à l'époque ou les médias se comptaient sur les doigts des mains et des pieds [9] .

        Nicolas Sarkozy a réussi ce que personne dans le champ politique n'aurait cru possible il y a encore quelques années : créer une nouvelle politique présentée tout à la fois comme progressiste, morale, anti-capitaliste, faite de réussite au mérite et, last but not least, de ridiculisation permanente de toute opposition d'où qu'elle vienne. Le seul parti visible est maintenant l'UMP. Depuis quelques années, le seul message d'apparence crédible provenait de ce parti, avec des médias prétendument d'opposition qui se pâmaient pour la « transgression » d'une communication qu'ils ne comprenaient pas : comment peut-on se parer des atours de Jaurès et de Blum tout en étant fermement convaincu du naturel de la sélection sociale ? Comment peut-on remuer les remugles nationalistes les plus fermentés et se dire le sauveur de tout ce que le monde compte d'opprimés ? Comment peut-on affirmer la nécessité de sauvegarde des connaissances industrielles et techniques nationales tout en étant extrêmement proche de tout ce que la France compte de plus anti-étatiste ? Quelle audace ! Quel talent !

        La réalité – comme perception communément admise du moins - là-dedans ? Elle n'existe plus – le virtualisme est certes efficace, mais pas toutefois au point d'emporter l'intégralité de la cible visée, du moins pas de manière illimitée dans le temps [10] . On parle ainsi aujourd'hui, après plusieurs années d'un virtualisme qui faisait avec un grand succès feu de tout bois, de « perte des repères » , de « renversement des valeurs » , de « brouillage » , voire de « grand n'importe quoi » , bref d'un sarkozysme « insaisissable » au message « perturbant » sur toute l'étendue du spectre politique. On émet l'hypothèse que le sarkozysme se « fissure » . Ce n'est pas le sarkozysme, mélange hétéroclite de convictions à géométrie variable en fonction du vent dominant et présenté comme « pragmatique » et « audacieux » , qui se « fissure » . C'est l'intégralité d'une technique de communication qui ignore à dessein l'existence d'une perception commune appelée réalité, qui se « fissure » . C'est là qu'interviennent Monsieur Fils, mais aussi Monsieur Neveu, en tant que vecteurs destructurants d'une communication jusque-là rondement menée : pourquoi ces deux-là s'avèrent-ils destructurants voire destructeurs, et pas les innombrables mesures et nominations – rappelons-nous François Pérol – qui pouvaient être considérées comme dangereuses vis-à-vis du candidat puis président Sarkozy ?



Frédéric et Jean, éléments fissurants d'une réalité habilement réinventée

        Tout avait pourtant fort bien commencé. Le mini-remaniement du printemps dernier avait permis la récupération d'un élément supplémentaire en la personne de Frédéric Mitterrand, neveu le plus célèbre de France, écrivain reconnu comme talentueux, homme estimé dans son milieu, premier homosexuel assumé devenant ministre, de droite depuis toujours sauf quand Tonton était au pouvoir, mais perçu comme une prise à la gauche de par son nom et sa vie. Les politiques de droite grincèrent des dents, mais en silence, admiratifs de l'efficacité politique redoutable d'un Sarkozy qui avait compris qu'avec de tels coups, il dépeçait la gauche plus sûrement que n'importe quel scandale – il suffit d'observer la différence de traitement médiatique avec « l'affaire Dray » au sein du parti socialiste pour le comprendre. Personne n'osa soulever les aveux de pratique du tourisme sexuels faits par le maintenant ministre dans un livre largement autobiographique en 2005, les seules références se faisant sur ce « tout-à-l'égout » d'internet. Sans autre événement, un tel déballage aurait en effet directement favorisé un Sarkozy dans une France fort peu goûteuse des enquêtes liées à la vie privée, à la manière dont laquelle Jean Quatremer s'était fait confraternellement lapider lorsqu'il avait mis en garde DSK à propos de sa vigueur sexuelle un an avant l'affaire du même nom au FMI.


        L'arrestation de Roman Polanski en Suisse, puis sa défense par le ministre de la culture et le développement par Marine Le Pen – belle récupération de ce qui flottait dans le « tout-à-l'égout » - d'un passé peu glorieux, mirent un premier pieu dans un édifice jusque-là quasiment intouchable. La contre-attaque virtualiste fut pourtant tout ce qu'il y a de plus coordonnée : un message unanime fut opposé au « lynchage de Frédéric Mitterrand par le Front National » , contre des accusations « délirantes et fausses » , contre des « modifications du langage » de Marine Le Pen – à raison, c'est pourquoi cette affaire est d'autant plus intéressante en termes de communication. Il y avait bien un certain malaise à droite du spectre politique, pas exprimé ouvertement toutefois, tant Sarkozy avait convaincu son propre camp - non sans raison – que sa stratégie de communication était d'une efficacité systématique. C'était ignorer – ce malaise à droite en étant l'illustration – que le président était ici en train de jouer avec deux brasiers qu'il avait lui-même contribué par le passé à tenir vivaces chez les Français : la peur et la réprobation du tourisme sexuel et de la pédophilie d'une part, le populisme du peuple contre les élites d'autre part. Ce n'était pas la prise en main dans le même temps par l'Elysée du dernier fait divers de nature sexuelle qui allait arranger les choses, celle-ci atténuant certes le premier brasier, mais au détriment de l'inflation du second dont le candidat Sarkozy avait aussi fait un véritable axe de campagne en 2007.

        Le candidat puis président Sarkozy avait en effet habilement joué de ces deux brasiers du champ politique français, notamment en ce qui concerne les délits et crimes sexuels avec la stratégie du fait divers - constamment détricotée par Maîtres Eolas et sur le « tout-à-l'égout » - ; mais aussi avec des discours enflammés en ce qui concernait ses réformes pour ce qui est du peuple contre les élites – universitaires, administratives, judiciaires.

        C'est sur ce choc des virtualismes – populisme et victimisation contre le pôvre Frédéric Mitterrand injustement harcelé par l'extrême-droite – que débarque la candidature de Jean Sarkozy à l'EPAD, 23 ans et des dents à rayer les parquets de Neuilly. Celle-ci ne pouvait être présentée à un plus mauvais moment : l'intelligentsia française défend à tout crin Polanski, le gouvernement et la majorité parlementaire s'y font entraîner par défense du ministre de la culture, et voilà pas que le fils du Président, en pleine accusation d'une politique à deux vitesses [11, se déclare sans ambages candidat déjà presqu'élu d'un organisme administratif très puissant dans ce qui est considéré comme le fief du président le plus populiste que connaisse la France depuis des dizaines d'années. Le tout, bien sûr, en plein milieu d'une crise économique et financière qui touche nombre de jeunes diplômés...

        Le choc entre les virtualismes de court terme – Mitterrand « lynché » - , de long terme – criminels sexuels « inhumains » et élites « réactionnaires » - , et les faits, est d'une violence rare. Les médias tant nationaux qu'internationaux s'en emparent, allant de « gênés aux entournures » à « franchement moqueurs » . Les réponses de l'Elysée, cette fois-ci, ne peuvent toucher, toutes pleines de virtualisme qu'elles soient. On peut répéter autant de fois un message uniforme de « désamorçage » , il est impossible de parer un fait aussi évident que « Sans son père à l'Elysée, jamais Jean Sarkozy n'aurait eu la moindre chance d'accéder à ce type de poste. » .

        C'est impossible pour deux raisons : non seulement la réalité perçue est cette-fois ci suffisamment unanimement différente en France pour ne pas être modifiée – les « fils de » sont historiquement méprisés - mais il est d'autant plus impossible d'arriver à cet exploit qu'on développe depuis des années un virtualisme allant dans une direction non pas différente mais carrément en franche opposition – les élites sont des ânes opposés au changement sarkozyste salvateur - avec ce fait, de quelque manière qu'on présente ce dernier. Les parlementaires UMP en sont conscients, et l'on voit se fissurer la belle unité de l'UMP, notamment avec un Jean-François Copé en embuscade et qui devait se désespérer de ne pouvoir s'exprimer malgré le mépris avec lequel est tenu son groupe parlementaire par l'Elysée. Or, sans unité, pas de virtualisme possible dans la communication. Sarkozy le sait, et ça a dû valser dernièrement dans la majorité.

        Sans Mitterrand, il est probable que la nomination puis l'élection de Jean Sarkozy à l'EPAD auraient suscité des remous vite éteints - comme d'habitude - sous le flot unanime des louanges faits à ce garçon – au demeurant fort doué politiquement à ce qu'on peut en voir. La stratégie de Monsieur Père pour son fils était bonne, elle a malheureusement pour lui rencontré de plein fouet des symboles qu'il venait de raviver en tentant d'étouffer dans l'oeuf – voire de retourner à son avantage – une affaire qui touchait fortement les Français. Charges symboliques dont la puissance est, ironiquement, partiellement de son oeuvre, comme on put le constater lors de son surréaliste discours sur le mérite à propos de la réforme du lycée il y a quelques jours.



        La conclusion de tout ça ? Elle serait que le virtualisme, stratégie de communication redoutablement efficace, peut également s'avérer dévastateur en cas de contradiction mise en pleine lumière, ce qui arrive lorsque la charge symbolique est suffisamment forte – et qui, d'habitude, est plutôt rare compte tenu du faible nombre de ces symboles pour les cibles. C'est ce qui arriva ainsi brièvement lorsqu'au plus fort de la crise, on vit Alan Greenspan, grand ordonnateur de la Fed pendant des années« qu'il ne comprenait pas » « qu'il était désolé » que ce qu'il croyait bon ne fonctionne manifestement pas ou plus. Heureusement pour Wall Street, de telles manifestations restèrent suffisamment rares pour être avalées par des milliers d'autres interventions positives, dans un secteur très complexe. Pour son malheur, Sarkozy vient de faire de même avec des valeurs bien plus simples à aborder et alors que sa majorité connaît de vrais courants de résistances à sa politique. Et s'il est probable que d'autres évènements médiatiques chassent finalement cette double polémique, il est également probable que ces deux affaires ressortiront en force au plus mauvais moment pour lui, soit lors de la campagne présidentielle de 2012. En attendant, Jean Sarkozy sera une ombre permanente dans une communication en rupture avec les habitudes depuis 2007.





Mise à jour, 22 octobre 2009 :

        Jean Sarkozy a annoncé avec toute la pompe nécessaire qu'il retirait sa candidature à la présidence de l'EPAD, restant toutefois candidat à un poste d'administrateur. Nicolas Sarkozy a donc fini par se rendre compte du danger que cette élection à la direction représentait pour son propre avenir politique ainsi que pour les axes stratégiques adoptés depuis 2003 dans sa communication. N'en doutons pas, les choses vont désormais vite revenir à la normale, une "normalité" capable d'absorber l'immense majorité des attaques portés contre lui ou son gouvernement, et qui lui assure également une mainmise totale sur son propre secteur politique - ces deux choses étant finement intriquées.

        En toute sincérité, je ne le pensais pas capable de revenir sur cette désastreuse décision : c'est un excellent point pour lui et pour les élections présidentielles de 2012, et une très mauvaise nouvelle pour tous ses opposants politiques. Il va être dur de trouver un axe qui cogne aussi symboliquement au personnage, et on ne le voit pas faire d'autes erreurs du même acabit d'ici là - je mets mon billet que Jean ne deviendra président du Conseil Général des Hauts-de-Seine qu'après les présidentielles. L'homme est décidément un maître de la communication, et son "pragmatisme" une de ses grandes forces en ce domaine.




Notes

[1] Même si le susnommé avait audacieusement tenté de faire passer cette limite d'âge de 65 à 70 ans pour la direction d'institutions administratives publiques en janvier 2009, par l'intermédiaire du député UMP Philippe Leclerc et via un cavalier dans le projet de loi portant sur la relance de l'économie. Le Conseil Constitutionnel ne se priva d'ailleurs pas de faire sauter cet amendement, au motif évident de « Aucun rapport avec le projet de loi » . Devedjian, un temps jugé sarkozyste de choc, est quasiment devenu une force d'opposition au conseil général des Hauts-de-Seine.

[2] Que l'on pourrait qualifier de seule publication à la fois clairement opposée au systême économique et social actuel et particulièrement bien informée de l'espace francophone, ce qui est suffisamment rare pour être signalé tant ces deux choses sont habituellement antinomiques.

[3] Etant établi que dans les domaines des « sciences » sociales, la Réalité n'existe pas, mais qu'on peut toutefois atteindre un niveau d'incertitude suffisamment faible pour qualifier cette perception commune de réalité, comme par exemple : « Les pays de l'Union européenne ont un fonctionnement relativement démocratique » .

[4] Tout comme notre président dans sa dernière interview au Figaro.

[5] Malgré la position de la France, cinquième au niveau international en termes de dépôts de brevets ; et la pratique grandissante de l'interdisciplinarité dans les sciences vingt ans après la création du CNRS - entre autres pour remplir cet objectif.

[6] Le virtualisme transformant un mot aussi dénué de sens moral que « réforme » en un terme forcément « progressiste » et « moderne » .

[7] Faibles face à un message reconstructeur pour peu qu'il soit suffisamment unanime et répété.

[8] Partis ou groupes généralement incapables de produire un message uniforme. On notera ainsi que le Parti Socialiste a réussi à s'imposer pour la dernière fois, brièvement, lorsque Martine Aubry avait essayé de reprendre le parti en main, délivrant avec succès le plan de relance virtuel du PS à la mi-janvier 2009.

[9] La différence est-elle si grande entre une description largement différente de la réalité perçue par le plus grand nombre et répétée mille fois comme aujourd'hui, d'une description largement différente de la réalité mais qui est la seule disponible comme lorsque les « Actualités Françaises » existaient ?
 
[10] On retrouve là la célèbre sentence « On peut tromper tout le monde pendant un moment, on peut tromper quelques personnes tout le temps, mais on ne peut tromper tout le monde tout le temps » , qui fit florès sous Giscard et s'applique à toute forme de communication.

[11] Que cela soit vrai ou faux par ailleurs, la communication étant essentiellement affaire de perception.

Publié dans En France

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Moktarama 23/10/2009 15:37


@PMB : je pense effectivement que Sarkozy a repris la main... et je ne le vois pas refaire une erreur du même acabit pendant un bon moment.

@pablo : ça faisait déjà quelques mois qu'il avait fait son relooking. D'amicales pressions pour paraître plus sérieux en sont peut-être à l'origine, après il a tout à fait pu le faire de manière
un peu autonome. A 23 ans, le changement n'effraie guère et passe mieux.


pablo 23/10/2009 13:54



Il faut noter en passant le changement de look complet de Monsieur fils : coupe de cheveux, lunettes, costume, tout y est passé.
Je suis un peu surpris que personne n'ait semblé y préter attention... 



PMB 22/10/2009 22:11


On peut rire avant d'en pleurer car il ne fait aucun doute que les spins doctors de l'Elysée vont réussir à transformer cet échec en réussite.

Ces deux affaires vont-elles faire pschitt comme tant d'autres ou ne disparaître que pour un bon travail de sape ? On verra aux prochaines élections, si d'ici là se dresse une véritable
opposition...

PS Je viens de découvrir votre blogue à partir de celui de Gunthert. Pas déçu du voyage !


PMB 22/10/2009 21:10


Ayest, mon Prince, tu viens enfin de grandir. Tu viens enfin de comprendre que l'échec est formateur si on sait se relever et rebondir. Tu vas pouvoir l'arborer comme les baroudeurs leurs
cicatrices (sauf celle au c.l qui montrerait qu'en fait ils ont fui devant Lémédais messants et la Goule Internautique qui a eu ta peau de berger corse si fragile, si tendre, plus tendre que celle
d'un agneau frais tondu).

Car tu vas rebondir, hein ? Tu vas te mettre en chemin pour la future présidentielle, hein ? Tu vas te venger de ton popa (car personne d'autre - et surtout pas Thierry Solère, les Balkany et David
Douillet - n'aurait pu obtenir que tu arrêtes de lui pourrir sa com' sur le mérite, la république morale et toussa qui faisait pleurer dans les chaumières de ses électeurs) ?

(Oh put.in, qu'est-ce que j'ai dit moi ! Allez, oublie mes conseils et retourne à la Fac.)


Moktarama 22/10/2009 21:18


Merci pour ce commentaire hilarant, Fontenelle serait jaloux ;-)


Smara 20/10/2009 05:01


Très intéressant tout ça ! Je suis persuadée également que ces polémiques vont disparaître avant de ressurgir en 2012.
Notre président devient de moins en moins crédible et même si son fils fait ses preuves, il n'en reste pas moins que son discours sur le mérite sonne comme un énorme mensonge, une trahison même,
surtout pour tous ces jeunes qui s'efforcent à obtenir les meilleurs diplômes dans des conditions pas toujours évidentes.. sans que cela leur garantisse un métier digne de leur compétence.

Je me souviens également qu'une élève de ma connaissance, fort douée et cultivée, avait appelé science po pour se renseigner... ils lui ont demandé si ses parents faisaient de la politique, quels
métiers ils faisaient alors, et d'autres questions d'ordre privé. Ils ont fini par insinuer que ce n'était pas à sa portée pour des raisons scandaleuses (pas assez privilégiée à la
naissance)... Même pour les études, il y a du pistonnage. Cela dit, même si c'est décourageant, il faut tenter sa chance.

Le mérite, travailler plus pour gagner plus... je pense qu'on est plutôt en train de nous prouver que si on est pas "fils de", passer sous le bureau peut être une bonne alternative. Vive la
France.^^


Moktarama 20/10/2009 10:55


Passer sous le bureau a toujours représenté une excellente alternative pour s'élever...

Sarkozy ne pouvait finalement que se piéger lui-même, tant il occupe à lui seul - avec brio - l'espace médiatique national. C'est un peu le dilemne du fort : on en arrive à se cannibaliser. Ici, il
est vrai, avec une belle ampleur.

Le cas Jean fait par ailleurs ressortir violemment les volontés d'annexion de Nanterre (mairie PC) par la Défense dans un gigantesque Monopoly immobilier.