En France



"Un rapprochement "au moins industriel" d'EDF avec Veolia fait sens."

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Henri Proglio, Europe 1, jeudi 26 novembre 2009



        Amusons-nous un peu au jeu - toujours imparfait - des analogies : vous êtes très (mais alors vraiment) riche, et vous possédez une PME de 400 personnes. Cette entreprise a quelques gros concurrents au niveau national, mais vous n'en êtes pas moins leader historique et incontesté du marché français dans votre secteur. Vous débauchez alors le directeur général historique d'un de vos plus féroces concurrents, et y arrivez malgré une baisse de salaire par rapport à son poste précédent - il faut dire que votre entreprise est historiquement une des plus généreuses avec ses clients, à tel point que celle-ci était jusqu'à récemment considérée comme exemplaire.

        Comme vous comprenez celui que vous débauchez, vous lui offrez de très généreuses compensations, dont celle de conserver un pied dans son ancienne entreprise et féroce concurrent. Il vous explique d'ailleurs que c'est de manière "transitoire" , et qu' "une fusion entre les entreprises n'est pas à l'ordre du jour" . Votre nouveau PDG réclame quand même un doublement immédiat de son salaire par voie de presse, avec le soutien d'une partie du conseil d'administration. Là, vous réfléchissez un peu, en vous disant qu'il ne faudrait peut-être pas exagérer. Vos finances ne sont en effet pas dans un état exceptionnel, après une décennie d'acquisitions à grands frais d'entreprises sur d'autres marchés nationaux, vous avez une solide dette et des frais à moyen et long terme largement sous-comptabilisés dans votre bilan. Le tarif de ces acquisitions s'est souvent révélé supérieur à leur valeur réelle, et il a fallu compenser ces dernières années en augmentant les tarifs sur votre marché national quitte à faire vaciller votre belle image d'entreprise responsable.

        Vous possédez aussi une entreprise commune avec ce concurrent dont est issu votre nouveau PDG, entreprise qui fait ses 10 % de croissance par an depuis plusieurs années, et promet de forts beaux résultats à venir tant son secteur est porteur et ses méthodes aggressives à l'international. Et voilà pas que votre tout beau tout nouveau PDG annonce qu'il va effectuer un rapprochement "au moins industriel" avec votre féroce concurrent, le tout en lui revendant cette société à fort potentiel de croissance contre 15 % de ses actions, ce qui ressemble quand même fortement à la braderie d'un bijou en échange d'un rapprochement tout ce qu'il y a de plus financier : le rapprochement industriel n'était il pas effectif avec cette société internationale commune de réalisation d'infrastructures ? De plus, comment savoir si les actions obtenues en échange de votre joint-venture à forte croissance représentent une valeur intéressante pour vous, sinon parce que le PDG vous le dit ? Pour en rajouter une couche dans l'ignominie de votre nouveau directeur, vous n'avez aucune intention de racheter ce concurrent, car votre part majoritaire l'est de si peu qu'une fusion entraînerait quasi-automatiquement la défaite de votre majorité actionnariale.

        Là, logiquement, vous convoquez le PDG, et vous lui passez le savon de sa vie, voire vous le virez comme un malpropre - vous regardez si c'est faisable, en tout cas - pour vous avoir fait un enfant dans le dos, contrairement à tout ce qu'il vous avait dit auparavant ET contrairement aux instructions que vous aviez donné de manière publique dans et hors de cette fameuse PME que vous possédez - encore - pour le plus grand bonheur de ses clients et employés.




Une stratégie incompréhensible, à moins d'avoir mauvais esprit


        Revenons à la réalité : Henri Proglio possède toujours un poste à Veolia, concurrent direct d'EDF. Il a réclamé de manière indécente - compte tenu du caractère étatique de l'actionnaire majoritaire et de la conjoncture politique et économique - un doublement du salaire de son prédécesseur. Il a évoqué l'idée de prendre le contrôle d'Areva, société publique totalement hors du champ de ses attributions, puis s'est rétracté suite au lancement de ce ballon d'essai. Il prend ensuite la décision de céder les parts d'EDF dans la société à forte croissance Dalkia à Veolia en échange de 15 % des actions Veolia, portant la part publique à 25 % - avec les 10 % de la Caisse des dépôts - de cette entreprise, dont tous les membres du conseil d'administration - que Proglio préside - ne semblaient pas être au courant de la manoeuvre. Et alors que les pouvoirs publics - vous, dans mon analogie - démentaient et démentent avec la plus grande vigueur l'idée même d'un rapprochement avec Veolia : en effet, il est évident qu'en cas de fusion, l'Etat ayant tout juste 25 % de Veolia et tout juste 50 % d'EDF, il perdrait de facto sa position de décideur financier absolu au sein de la nouvelle structure.

        C'est là que ça devient vraiment intéressant : mon exemple supposait que l'actionnaire - vous, toujours - ait été sincère dans ses multiples déclarations, auquel cas le PDG vous faisait de manière évidente un enfant dans le dos. Par contre, si votre stratégie [
1] était de saborder votre pouvoir décisionnel absolu dans le cadre d'un enrichissement futur estimé plus important - et pour des raisons stratégiques qu'a évoqué à de nombreuses reprises le candidat puis président Sarkozy - en constituant une entreprise encore plus massive par fusion-acquisition de votre concurrent, votre nouveau PDG agit avec une maestria qui le rend effectivement précieux en tant que capitaine d'industrie, et justifierait un doublement de salaire compte tenu de l'intelligence stratégique qu'il déploie pour vous satisfaire - en sus de sa gestion courante de l'entreprise.



Une privatisation "rampante" ? Qu'en termes de communication, alors...

        On pourrait me rétorquer que je fais des plans sur la comète, comme n'importe quel syndicaliste en colère. Toutefois, je désapprouve respectueusement : les faits que je cite à l'appui de cette petite démonstration ne s'expliquent rationnellement qu'à travers cet objectif ou un objectif proche, sauf si bien évidemment on considère Henri Proglio comme un imbécile - ce que sa vie professionnelle et les commentaires à son sujet infirment largement.

        Ensuite, le président Sarkozy a lui-même déclaré à de très nombreuses reprises, de manière plus ou moins privée, qu'il estimait que l'avenir énergétique de la France comme de l'Europe passerait par la constitution de géants de l'énergie. La nationalisation de cette stratégie faisait également partie de sa volonté, notamment par la constatation que les géants européens réussissaient moins bien qu'on ne l'aurait cru - voir les nombreux conflits nationaux sous-jacents et causes de nombreux problèmes dans une entreprise comme EADS.

        Enfin, un précédent fort fâcheux vient encore renforcer mes conclusions : la stratégie suivie dans la fusion entre GDF et Suez fut extrêmement proche bien que plus directe - on pourrait éventuellement voir dans la situation présente une augmentation de la sensibilité politique des citoyens suite à ce précédent, mais aussi des réticences du côté de Veolia - , aboutissant également à la chute des parts de l'Etat dans le capital de la nouvelle entreprise sous la barre fatidique des 50 % de participation.

        Comme pour GDF-Suez, on peut imaginer que le gouvernement et le président de la République démentiront avec force toute conclusion en ce sens jusqu'à ce que ce rapprochement fatal au caractère public majoritaire d'EDF soit signé et dans les cartons. Il n'empêche que pour le moment, les actions du PDG d'EDF ne peuvent rationnellement se comprendre que de cette manière, à moins de considérer que le gouvernement agit sur ce sujet de manière opposée au comportement d'un actionnaire majoritaire - ce qui ne semble pas être le cas au vu des exigences de ce dernier avec d'autres entreprises publiques comme Areva ou la SNCF, fort similaires à celles d'actionnaires majoritaires non étatiques.

        Qu'on fasse un débat sur la privatisation des entreprises publiques dans le but stratégique [
2] de leur offrir une masse suffisante pour peser à l'international et une viabilité à long terme, plutôt que de se battre comme des chiffonniers pour savoir si oui ou non il est question de la privatisation d'EDF. Car les médias ne tireront jamais de telles conclusions au grand jour, ne considérant pas leur rôle ainsi ; les syndicats ne peuvent convaincre que les déjà-convaincus - à force de crier au loup... - ; et les godillots députés UMP feraient mieux de se demander, eux qui pour certains ont une vision quand à la démocratie, si ce n'est pas cette dernière qui finit par en pâtir quand les débats fondamentaux pour la France ne sont même pas discutés dans une Assemblée Nationale qui ressemble de plus en plus à une coquille vide. Pour en revenir au titre, on prend ici le citoyen - députés et élus compris - pour un imbécile incapable de formuler une réponse claire et majoritaire à des enjeux majeurs pour le pays : je n'ai donc pas le sentiment d'exagérer en parlant de la réduction du champ démocratique lorsque de telles décisions sont prises au plus haut niveau [3] - à moins, bien évidemment, de considérer qu'il en fut toujours ainsi dans notre pays et que "c'est très bien comme ça parce que les Français sont bêtes" .




Notes

[1] Une stratégie dissimulée bien évidemment : pour conserver l'analogie, disons que vous avez des enfants qui ont exprimé le souhait en conseil de famille de conserver ce caractère familial de l'entreprise, mais que vous estimez agir mieux en ne respectant pas leurs souhaits et en ne provoquant pas un débat familial que vous estimez - à tort ou à raison - perdu d'avance.

[2] But stratégique par ailleurs pas forcément stupide par ailleurs du point de vue de l'actionnaire, nettement plus du point de vue strictement politique - considérant l'attachement des Français au service public de l'électricité.

[3] C'est-à-dire : avec le président de la République, élu, et ses conseillers divers et variés, qui ne sont ni élus ni même soumis à l'approbation tacite de la majorité parlementaire, alors que ceux-ci ont acquis depuis 2007 un pouvoir bien supérieur à leurs prédécesseurs.




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Jeudi 26 novembre 2009 4 26 11 2009 18:05
- Par Moktarama - Publié dans : En France
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Le site du Sénat a en effet mis en ligne le rapport établi par la commission des finances concernant le volet "justice" du projet de loi de finances 2010. On y trouve quelques informations pas inintéressantes, car on risque de les voir surgir à un moment ou un autre dans le débat politique français.


Un budget en légère hausse... ou en forte baisse !!

        Les crédits de paiements alloués au ministère de la Justice sont en effet en hausse de 3.4 % à 6.859 milliards d'euros, chiffre qui sera très certainement celui dont on entendra parler en cas de polémique quand au budget de la justice pour 2010. Ces crédits de paiement représentent ce qui sera versé au ministère pour l'année, et correspondent aux prévisions qui sont faites. La hausse n'est ici pas négligeable compte tenu d'une inflation nulle ou presque cette année.

        Le ministère de la Justice - comme les autres - dispose toutefois d'une ligne budgétaire plus large désignée comme "autorisations d'engagement" [1] , et permettant de financer des dépassements des crédits de paiements, dépassements systématiques et inévitables pour la Justice vu son sous-financement chronique. Et là, c'est une surprise d'une certaine ampleur qui attend le lecteur. En effet, ces autorisations d'engagement connaissent une chute très brutale, de 10.2 % très précisément, passant de 8 229 millions d'euros à 7 338 millions d'euros [2] , ce qui semble très loin d'être négligeable pour un ministère de la Justice en permanente précarité budgétaire. Va falloir ne pas dépasser ce qui est prévu, les lignes financières "de rab' " - soit les autorisations d'engagement débitées des crédits de paiement - passant de 1 400 à 500 millions d'euros. J'en connais qui n'ont pas fini de couper leurs post-it en quatre...


Budget de la justice 2010, crédits de paiement [Source : Sénat]

        On notera que seule l'augmentation des crédits de paiement est valorisée - car mise en gras - dans le rapport de la commission des finances du Sénat [3] . Ceci dit, je vous préviens que le reste du billet se consacrera à l'étude des crédits de paiements, seuls pris en compte pour le budget.


Une hausse des crédits essentiellement à destination des services pénitentiaires


        Contrairement à ce qui est induit par la formulation du rapport, et contrairement à "l'exigence de résultats" formulée par le rapporteur à l'endroit du ministère de la justice, le budget consacré à la justice judiciaire n'augmente en fait que de 0.6 % par rapport à l'année précédente. C'est en effet l'administration pénitentiaire qui se voit la "mieux" dotée [4] dans ce budget, avec une augmentation de 9.7 % mettant ce secteur du ministère de la justice quasiment à égalité avec le secteur judiciaire.

        Concernant la protection judiciaire de la jeunesse, qui désigne par un doux euphémisme, entre autres, les centres de rééducation - quel que soit le nom qu'on leur a donné - pour "jeunes difficiles" , le budget est en légère baisse, ce qui paraît surprenant de la part d'un gouvernement qui a axé une bonne partie de sa politique en la matière sur l'enfermement et la sanction précoce des jeunes délinquants.

        On remarquera également une chute de 7.2 % du volet "accès au droit et à la justice" , qui recouvre les structures mises en place pour régler les conflits avant un éventuel tribunal, avec comme but avoué à leur création de désengorger les tribunaux des conflits mineurs entre justiciables. On se demande personnellement comment cette mission pourra être remplie avec une telle diminution du budget alloué.


Le rapporteur désigne des points "noirs" - avec les guillemets


        Sachez qu'ils sont nombreux, et même sous la plume délicate de nos sénateurs, restent une honte pour notre pays qui aime pourtant à se voir comme vertueux. Commençons par le plus criant quand on met en détention plus de citoyens que jamais : il est rappelé l'état lamentable des prisons de la République [5] , état désigné sous le vocable fort juste de "terrible impasse" . On attend un jour qu'un gouvernement ose des mots aussi forts pour parler de ce qui semble pourtant évident à quiconque connaît un peu le sujet.


Frais de justice de 2000 à 2008 [Source : Sénat] . 400 millions d'euros sur plus de six milliards d'euros de budget : cela vaut-il plusieurs pages pour s'alarmer d'une mauvaise gestion des juges ?

        De manière assez perturbante à mon goût est désigné la "dynamique à la hausse des frais de justice" , que le rapporteur semble reprocher aux juges, suite à une stabilisation l'année passée et désignée comme due au "double effet bénéfique de mesures volontaristes décidées par la Chancellerie et d'une prise de conscience salutaire de la part des magistrats prescripteurs" . Le rapporteur semble ici avoir le cul entre deux chaises, désignant les juges et leur gestion comme point "noir" , et oubliant pourtant de repréciser ce qui était écrit en introduction, à savoir que " le montant inscrit en PLF amène votre rapporteur spécial à s'interroger sur la sincérité" du provisionnement des frais de justice pour 2010.


Ratio - en chute libre - entre magistrats et fonctionnaires [soit les greffiers, greffiers en chef et fonctionnaires de catégorie C à l'exclusion des personnels techniques] [Source : Sénat]

        Le rapport mentionne, et je n'étonnerai personne car c'est le cas chaque année ou à peu près, l'énorme déficit de greffiers - déficit qui met directement en danger le bon fonctionnement de l'institution, malgré les augmentations décidées ces dernières années - , déficit que le rapporteur ne voit aller qu'en s'aggravant compte tenu de "l'allongement de la durée de scolarité à l'ENG (passée de 12 à 18 mois en 2003) ainsi que la pyramide des âges des greffiers" .

        Enfin, pour ne rien gâcher à un budget qui semble faire la part belle à l'emprisonnement - en accord avec la politique du gouvernement, certes - , le rapport du Sénat pointe très directement la faiblesse du budget alloué à l'aide juridictionnelle. Cette faiblesse semble telle que le rapporteur écrit dans le rapport que "la pérennité de l'aide juridictionnelle demeure sujette à caution" , ce qui équivaut en langue sénatoriale à une lourde alerte. Ça fera plaisir à maître Eolas qui estimait qu'une revalorisation de cette aide juridictionnelle ne serait pas de trop...


Quelques points précis du budget, entre imprévoyance et foutage de gueule


        Comme trop souvent, le législateur a lancé une réforme sans financement adéquats : c'est ce qui se produit pour la réforme de la procédure d'appel, le rapporteur étant très clair à ce sujet car il pointe que "le budget du programme « Justice judiciaire » pour 2010 ne comporte aucun crédit spécifiquement dédié à couvrir le coût de la réforme de l'appel, envisagée au cours de l'exercice budgétaire à venir." Celle-là, elle est pour Authueil qui pointe régulièrement ce type de bévues.

        Revenant sur les greffiers, le rapporteur constate la diminution années après année du ratio entre personnels administratifs et magistrats, et formule le voeu pieux - il "souhaite" - que les technologies de l'information et de communication améliorent la situation à moyen terme. On en doute à titre personnel, même si je formule également ce voeu pieux... ça ne coûte rien d'espérer, après tout !

        En termes politiques, on constate que le rapporteur a les mots "performance" , "résultats" et "bonne gestion" à la bouche, car il espère que ces derniers pourront continuer après une stabilisation des frais de justice en 2009. J'estime à titre personnel que c'est un vrai foutage de gueule considérant la faiblesse extrême des moyens alloués à la justice de notre pays : fustiger la mauvaise gestion des magistrats alors que ceux-ci se débrouillent avec environ moitié moins de moyens que leurs collègues d'Angleterre ou d'Allemagne est clairement une assertion tout ce qu'il y a de politique, et l'on peut regretter que les hommes politiques n'osent pas s'emparer de ce point noir de la République.

        Ainsi, le rapporteur s'alarme sur plusieurs pages de l'augmentation prévisible des frais de justice - ces juges, quels mauvais gestionnaires - notamment à cause de la revalorisation des indemnités pour les traducteurs. Pour ne pas accabler le rapporteur, il pointe d'ailleurs "l'insincérité" du budget 2010 alloué à ces frais entre les reproches faits aux juges - et propose une revalorisation de ceux-ci de 30 millions d'euros en amendement. En attendant que leurs postes disparaissent, les juges d'instruction se voient donc fortement enjoints de limiter leurs dépenses, et il en est de même pour le parquet. Ces accusations répétées de mauvaise gestion, encore une fois - je sais, je me répète - me semblent un vrai camouflet adressé aux gens de robes, dont le recours aux analyses, traductions, expertises, ne me semble pas pouvoir être mis en doute sans mettre en danger la justice même.


Un ministère toujours aussi pauvre malgré les chiffres annoncés


        Il y aurait encore beaucoup à dire pour celui ou celle qui voudrait éplucher le rapport sous toutes ses coutures, toutefois cette rapide analyse permet déjà de constater que non seulement le budget de la justice reste toujours aussi dérisoire au regard de ses voisins européens, mais qu'en plus l'augmentation non négligeable affecté aux services pénitentiaires est déjà très certainement insuffisante au regard du durcissement de la politique pénale mis en place par le gouvernement depuis 2007. Je vous invite donc à ne pas vous laisser avoir lorsque nos hommes politiques viendont expliquer la bouche en coeur que "ce milieu corporatise défend son bifteack au-delà du raisonnable alors que leur budget a subi une des plus fortes augmentations par rapport aux autres ministères cette année" .

        Le chiffre de 3.4 % est ici indéniablement un trompe l'oeil, qui masque mal une stagnation du budget dévolu à la justice judiciaire et une augmentation infiniment insuffisante du budget destiné à l'amélioration des conditions de détention. La justice reste définitivement le parent pauvre de notre République, pour le grand malheur de tous les citoyens qui auront affaire à elle.



Notes

[1]
Je vous invite à consulter cette page web pour comprendre la relation entre crédits de paiements et autorisations d'engagement.

[2]
Suite, certes, à une augmentation de 14.4 % en 2009.

[3]
Et je pourrais mentionner cette phrase ridicule si la faiblesse chronique du budget de la justice n'était pas si tragique pour le bon fonctionnement d'un état de droit : "cette progression des crédits de la mission illustre l'importance attachée à la justice et la priorité accordée à ses moyens depuis plusieurs années" , le gras étant de la commission des finances.

[4] "
Mieux" est très volontairement entre guillemets, je ne ferai l'affront à personne de rappeler les lamentables conditions de détentions en vigueur dans notre pays, particulièrement quand la classe politique fait assaut de sévérité et réclame sans cesse l'alourdissement ou l'augmentation des peines données par des juges trop souvent taxés de laxisme.

[5]
Dont le peuplement est aujourd'hui de plus de 118 % , le rapporteur voyant là de manière étrange les "prémices" d'une amélioration de la situation, notamment si on promeut à l'avenir massivement le bracelet électronique.


Mardi 24 novembre 2009 2 24 11 2009 14:54
- Par Moktarama - Publié dans : En France
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Le buzz – le mot du moins – est indiscutablement né sur internet il y a quelques années, avec la croissance des médias individuels et du trop fameux webdeuxpointzéro. Comme tout nouveau mot, son sens est flou, son utilisation est omniprésente, et cette dernière se fait à propos d'évènements ou d'informations très différentes les unes des autres. Le moment est venu d'examiner ce mot et les significations qu'il recouvre d'un peu plus près : nous verrons que le « buzz » est aujourd'hui source de divergences tant dans la blogosphère qu'en dehors, divergences qui existaient pourtant dès son apparition.

 

 


Un mot dichotomique dès sa naissance


        Le buzz, au départ, semble être essentiellement un terme désignant une opération publicitaire plus ou moins cryptique et dissimulée, ce qui est en corrélation avec l'émergence de la blogosphère par l'intermédiaire des blogs consacrés aux nouvelles technologies et à la communication à visée commerciale. Le plus souvent, le point de départ de ce fameux buzz était une vidéo diffusée par l'intermédiaire des sites de partage comme Youtube ou Dailymotion, ces derniers permettant une reprise au sein des supports de publication sur internet via l'embarquement de ces vidéos directement sur d'autres pages web.


        Ces vidéos créant le « buzz » possédaient deux caractéristiques bien précises, profondément liées à l'évolution du sens de ce mot : soit elles ne présentaient pas le produit ou la marque que l'on voulait faire « buzzer » , ceux-ci n'étant dévoilés qu'une fois que la mayonnaise avait pris via de très nombreux visionnages et republications ; soit elles présentaient la marque ou le produit, mais de manière volontairement choquante et non assumée officiellement, l'entreprise à son origine parlant dans ce cas de vidéo non destinée à se retrouver sur la Toile ou de campagne publicitaire rejetée – provoquant alors de nombreuses reprises, mais pour des motifs ici sensiblement différents.

 

 

 

Cas n°1 : le produit est dissimulé pendant plusieurs jours, puis révélé après une forte diffusion virale, ici pour des écouteurs de la marque Cardo Systems.

 

 

 

Cas n°2 : la marque est directement citée, le buzz caractérisant l'apparition brutale et massive de commentaires des internautes choqués, ici pour la prévention contre le SIDA.

 

 

        En quelques années, le terme de « buzz » sortit franchement de la sphère uniquement publicitaire dans laquelle il était cantonné pour déborder sur tous les domaines fortement liés à la communication, je pense notamment aux sphères politique et médiatique. Ce mot fut ici aussi associé d'abord à des vidéos se répandant par viralité sur les sites internet dans un contexte d'apparition au format « brut » - la vidéo ou le son constituant la seule source d'information - , à l'instar de la désormais célèbre vidéo du Parisien consacrant la vulgarité présidentielle au salon de l'agriculture ; puis quelques mois plus tard aux brèves éruptions éditoriales et reprises généralisées de sujets plus ou moins polémiques, comme cette chanteuse anglaise ou plus récemment les affaires Polanski et Mitterrand. On peut difficilement éviter de constater qu'on retrouve ici la même dichotomie sémantique que celle qui touchait déjà ce mot lorsqu'il était utilisé dans la sphère de la communication commerciale.

 

 

 

Le buzz, élément brut sans traitement journalistique et à la diffusion virale...


        Le premier sens du mot « buzz » peut se voir attacher très directement un jugement moral, ce sens serait « Diffusion d'images ou de son effectuée par un quidam, journaliste ou non, détachée de toute contextualisation ou analyse supplémentaire, provoquant une rediffusion rapide et très étendue au sein de la population d'internautes. » Cette définition recoupe dans un cadre marketing les vidéos commerciales sans apparition de l'entreprise, et peut à mon sens s'appliquer aux vidéos politiques à succès des deux dernières années, parmi lesquelles on pourra compter la vidéo du Parisien donc, mais aussi la vidéo de Rue89 montrant Sarkozy avant une interview sur France 3, ou la vidéo de Brice Hortefeux sortie par Le Monde en septembre dernier.

 

 

On pourra aller lire l'article afférent sur Rue89, qui se contente de décrire la vidéo sans plus de contextualisation, et son pendant qualifiable de journalistique fait par Libération dans les jours suivants.

 

 

        Dans ces trois exemples, volontairement cités parce qu'ayant des journalistes à leur origine, on retrouve cette décontextualisation de l'information, décontextualisation extrêmement dommageable en termes journalistiques : on connaît le lieu certes, mais rien de plus, le média laissant très volontairement le spectateur se faire son idée, parfois parce qu'une contextualisation retirerait l'aspect croustillant à la vidéo – cet article de mon cru démontait le buzz lié à la vidéo de Rue89 - , parfois par simple manque de temps – il aura fallu les amateurs pour réécouter et re-sous-titrer la vidéo du Monde, et l'UMP pour obtenir le témoignage du militant UMP visé - , parfois par impossibilité pure et simple – le quidam insulté par notre président fera profil bas et les images provenaient d'une équipe de pigistes vidéo.


        Ici, le buzz possède des caractéristiques objectives bien précises, qui peuvent être formellement critiquées sous tel ou tel angle – en l'occurence, sur ce blog, sous l'angle de l'absence d'un travail qualifiable de journalisme. Ce sont ces caractéristiques qui rendent inutilisables dans cette définition le terme d'information – terme auquel j'attache, c'est mon travers, la notion de journalistiquement valable, c'est-à-dire contextualisée et décryptée.

 

 

 

... ou rebranding d'un phénomène vieux comme l'homme ? Les deux, mon colonel !


        Le second sens du mot « buzz » est, lui, infiniment plus flou quoique lui aussi caractérisable, ce serait « Éruption brutale et emplissant une grande partie du spectre médiatique, le plus souvent rendue visible par l'intermédiaire d'internet et des médias sociaux, de réactions à une information de provenance médiatique. » Cette seconde définition recoupe dans le cadre marketing les vidéos virales où la marque apparaît directement sans toutefois assumer leur diffusion officiellement, provoquant cette fameuse éruption de commentaires – choqués le plus souvent – des internautes, puis des médias non web par la suite. Elle recoupe également, dans le domaine qui nous intéresse, les polémiques ayant une information journalistique à leur origine et se répandant comme des traînées de poudre sur puis en-dehors du web, à l'instar des trois dernières polémiques massives dans notre pays que furent les « affaires » Polanski, Mitterrand et Jean Sarkozy.

 

 

 

Extrait de l'interview donnée par Frédéric Mitterrand à Europe 1, interview difficilement considérable comme "volée" ou "dissimulée" , et dont la diffusion était tout à fait prévisible.

 


        Dans ces trois exemple, cités parce qu'étant à l'origine du débat qui agita deux blogueurs reconnus, on retrouve l'origine journalistique et la caractéristique forte d'information au traitement journalistique à la naissance de ces éruptions. L'article du quotidien Le Monde - reprenant une dépêche AFP - , fort bien contextualisé, en ce qui concerne Roman Polanski et son arrestation en Suisse, complété par la suite par de nombreux autres articles et interventions du Tout-Paris dans ce journal. Une interview fort officielle de Frédéric Mitterrand diffusée par Europe 1, complétée par un livre dudit Frédéric Mitterrand paru en 2005, livre où ce dernier confesse avec une honte non dissimulée avoir lui-même pratiqué par le passé le tourisme sexuel en Thailande – Marine Le Pen n'ayant fait que reprendre avec brio et quelques modifications de circonstances des informations circulant sur internet, depuis des semaines en ce qui concerne le livre. Une déclaration tout à fait officielle à des journalistes de différents journaux français de personnes amies en ce qui concerne la candidature de Jean Sarkozy à la présidence de l'EPAD.


        Là, le « buzz » possède un sens qui se rapproche jusqu'à s'y confondre avec ce qu'on avait l'habitude de nommer – avant qu'on puisse s'en prendre à l'internaute, en fait - par « opinion publique quand à la polémique du moment » , que celle-ci soit plutôt médiatique – les « élites » ayant aussi une opinion - ou plutôt populaire, cette dernière distinction devenant inepte à l'heure ou le peuple possède des milliers de médias individuels. Dès lors, il devient nettement plus difficile d'attacher un jugement à ce sens du « buzz » , à moins de développer une réflexion plus philosophique qui s'attachera au discours et à la psychologie des foules, réflexion qui existe depuis fort longtemps en philosophie comme dans d'autres domaines académiques.

 

 

 

Quand les nouvelles autorités du net français s'écharpent


        Ces deux sens bien séparés et tout à fait distinguables du mot « buzz » se sont entrechoqués très récemment, à l'occasion d'un débat par blogs interposés entre Narvic, blogueur spécialisé dans les sphères médiatique et journalistique, et André Gunthert, blogueur spécialisé dans la sphère de l'image et de leurs répercussions ; les deux étant maintenant des autorités constituées de ce fort petit monde qu'est l'internet des médias.


        Narvic, chroniqueur occasionnel du pendant français de Slate.com, y publiait il y a quelques jours un article intitulé « Sous le règne du buzz, malaise dans la politique et l'information » , dans lequel il décortiquait la succession des trois polémiques successives citées ci-dessus. Il insérait ensuite cette analyse de leur propagation rapide sur internet dans un propos plus général reprenant largement une partie des arguments développés par Alain Finkielkraut, qui aboutissait à qualifier ces éruptions successives de populistes et dangereuses pour la démocratie, dans le contexte actuel d'une décrédibilisation patente des élites aux yeux des Français.

 

 

 

Alain Finkielkraut qui s'exprime sur le sujet qui nous intéresse, et dont certains des arguments furent repris par Narvic.


        André Gunthert lui répondait quelque temps plus tard sur son propre support de publication, dans un article assez virulent et intitulé de manière certes taquine : « Narvic buzze-t-il ? » . Il y avance l'idée que le mot « buzz » devient « un outil de disqualification a priori dans le débat citoyen » , puis interpelle vigoureusement Narvic sur l'utilisation qu'il en fait dans son article, aboutissant à lui attacher une connotation systématiquement négative , et enfin rejette l'idée que les discussions à propos de Jean Sarkozy étaient une polémique – l'ensemble des Français n'étant troublés que par le garde-à-vous des ministres.


        Une brève discussion s'engagea entre ces deux blogueurs sous ce billet, qui permit notamment de préciser ce dont il était question. André Gunthert reprochait à Narvic l'amalgame qui était fait en regroupant sous le mot « buzz » l'intégralité des interventions à propos de telle ou telle information, et ce quelle que soit la pertinence de ces dernières – en prenant notamment pour exemple son billet consacré à l'affaire Polanski - , aboutissant à la disqualification de ce que je nommerais « opinion publique » et que le blogueur décrit comme « l'ensemble des expressions qui font vivre l'un des droits qui est au fondement de la démocratie » .


        Narvic lui répondait alors vertement qu'il ne comprenait pas « où tu veux en venir avec cet étrange argument sur l'absence de définition d'un seuil scientifique pour être autorisé à parler d'un buzz » . Il lui répondait qu'effectivement, il considérait son billet sur Polanski comme faisant partie du « buzz » qu'il décrivait dans son article, billet qui lui avait d'ailleurs laissé « un goût amer » - il est vrai qu'André Gunthert, dans ce billet, donnait un avis personnel en forme de condamnation, après une analyse de l'image nettement plus détachée. Je cite ici la conclusion d'André Gunthert à cette discussion, conclusion qui renferme indéniablement à mon sens une part de vérité :

« Ranger cette contribution dans la catégorie du buzz est problématique. Car ou bien le buzz est cet effet de foule irrationnel et moutonnier (qui "répond à une question qui n'est pas posée"), et qualifier ainsi mon billet est une appréciation personnelle, malveillante et injustifiée. Ou bien le buzz comprend l'ensemble des prises de position individuelles, des opinions argumentées et construites, et alors il ne désigne pas ce que tu dis, mais recouvre simplement la liberté d'expression et d'opinion, fondement de la démocratie. Ou bien le buzz dépeint de façon malveillante et disqualifiante la liberté d'expression, ou bien c'est une chimère, je ne sors pas de là. »


        Certes, Narvic amalgame dans son billet et sans aucun recul les deux sens du mot « buzz » - dont nous venons de voir qu'ils sont parfaitement définissables - , mélangeant une éruption de commentaires – plus ou moins honnêtes et virulents - liés à une information journalistiquement solide, qualifiable sans peine d' « opinion publique » dans un monde pré-internet ; à des propagations virales d'éléments bruts en général commentés très brièvement - quand ils le sont - , pour le coup très caractéristiques du nouveau canal de communication qu'est la Toile. Il utilise ainsi, de manière que je pense gravement erronée, l'image journalistiquement indéniablement négative de ce dernier sens pour appuyer une réflexion visant à qualifier négativement l' « opinion publique » , réflexion infiniment plus complexe, pour laquelle est effectivement qualifiée un Finkielkraut qui a un avis assez clair sur la question, mais qu'on ne peut régler en trois courbes de GoogleTrends et en deux pages - aussi bien écrites soient-elles.


        André Gunthert se trompe partiellement lui aussi quand il désigne le « buzz » comme, au choix, une chimère – soit un mot vide de sens – ou comme une qualification malveillante appliquée à la partie visible de l'iceberg de l'expression populaire qu'est l' « opinion publique » relative à la polémique du moment [1] . Ce qui est appelé chimère n'en est une qu'à partir du moment où les différents sens du mot se trouvent mélangés, de la même manière qu'un mot comme publicité voit son sens premier de « transmission publique élargie » parasité puis effacé par le second sens de « communication – dans un sens synonyme de propagande - à visée commerciale » . Mais le blogueur désigne avec une certaine justesse le fait d'attacher une qualification morale négative à l' « opinion publique » , qui est ce qu'argumente véritablement Narvic dans son billet.


        Il est vrai, Narvic, qu'on peut considérer que le web accélère et uniformise cette « opinion publique » que Finkielkraut a toujours vue comme néfaste, lui-même prenant un malin plaisir à aller à rebours de celle-ci – et ne se rendant pas toujours compte qu'il s'insérait souvent du même coup dans une « opinion publique » plus restreinte, celle du petit monde de St Germain-des-Prés dont on retrouve l'essence chaque semaine dans les pages « Opinions » du quotidien Le Monde. Mais cet avis n'est malheureusement pour Finkielkraut et heureusement pour le débat philosophique toujours pas établi comme évident, l' « opinion publique » étant aussi fluctuante et insaisissable en termes moraux que le second sens du « buzz » dans cet article. Se servir du premier sens pour appuyer ce qui est une opinion certes argumentée, et pas moins respectable qu'une autre, mais une opinion tout de même et non une conclusion scientifique, n'était peut-être pas le meilleur moyen de convaincre les lecteurs.

 

 

 

Une question très philosophique, finalement


        Pour élargir vers la question sous-jacente aux deux billets sur lesquels je m'appuie ici : l'opinion publique est elle systématiquement néfaste pour l'exercice démocratique ? Les réactions de cette opinion publique que Narvic qualifierait aujourd'hui de « buzz » - à raison tant qu'il n'y amalgame pas l'autre sens originel de ce mot - , sont-elles réellement regroupables sous une qualification morale négative ? Les réactions sont-elles justifiées et ont-elles un effet forcément négatif à propos de sujets aussi divers que le « petit Gregory » assassiné, les appartements de complaisance de Juppé et Gaymard, l'élection de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis, la guerre que mena dernièrement Israël dans la bande de Gaza, les atrocités commises par le « gang des barbares » ou la déclaration inconsciente d'un ministre de la culture en exercice à propos d'une action de la justice américaine quand jamais un gouvernement ne fut aussi sévère envers les délits et crimes de nature sexuelle ?


        Je suis, du haut de mon jeune âge, certainement partagé sur cette question précise [2] . Et si j'admets – la ressentant moi-même, et m'étant accroché avec lui sur ce sujet - l'impression qu'André Gunthert tombe parfois dans l'excès inverse qui consiste à y voir uniquement l'expression positive d'une saine démocratie qui conserve sa « force d'indignation » - force parfois redoutable pour la démocratie, effectivement, notamment quand des hommes politiques aux idées malsaines s'en emparent - [3] ; il n'en reste pas moins qu'il a pointé avec force – et toute sa verve parfois grandiloquente, ce que je suis le dernier à pouvoir critiquer – ce qui faisait la faiblesse d'un article qui se voulait définitif.

 

        Le diable, comme souvent lors des discussions visant à réduire l'incertitude sans espoir d'y parvenir – affre touchant toutes les « sciences » sociales - , se niche dans le sens qu'on donne aux mots. Le « buzz » représente ici quasiment un cas d'école, et j'espère avoir réussi à détricoter ce mot qui fait une entrée fracassante dans le vocabulaire français depuis quelques années. A redonner du sens, en fait, ce qui n'est certes pas un humble objectif, même si celui-ci se sera restreint à un domaine extrêmement réduit. Pour ce qui est du « buzz » au sens où Narvic l'entend – le second dans ce billet – et de son jugement négatif sur celui-ci, m'est avis que le débat restera flamboyant pendant longtemps encore... et André Gunthert n'est alors pas moins qualifié pour exprimer une opinion opposée.





Notes

[1] Et je parle bien de polémique à l'inverse d'André Gunthert, celle-ci me semblant caractérisée à partir du moment où des avis contraires sont exprimés publiquement, que ces derniers soient téléguidés, provoqués par l'émotion, provoqués par la réflexion, etc...

[2]
Je dirais même : si je suis partagé, c'est parce que j'estime avoir, disons, une certaine connaissance en termes de psychologie des foules – que ce soit à tort ou à raison - , et que l' « opinion publique » dépend elle-même de tellement de facteurs aussi bien historiques, culturels, qu'émotionnels, informationnels, communicationnels, relatifs à l'éducation et à tant d'autres choses qu'il me semble impossible de lui attribuer un caractère systématiquement négatif ou positif. J'ai tendance à considérer qu' « elle est » sans considérations de morale plus avant, à la manière dont Authueil refuse le principe du tiers exclu dans sa vision des questions politiques. J'endosse par contre l'idée que la pureté intellectuelle n'existe pas, ni chez les foules, ni chez Finkielkraut, ni chez moi.

[3] André Gunthert précise sa position en commentaires de ce billet, position visiblement différente de celle que je lui attribue : « Tu critiques toi-même le principe du tiers exclu. Cela vaut aussi pour mon billet. Contredire la position de Narvic ne signifie pas automatiquement que je juge "saine" toute manifestation de l'opinion publique. Je ne l'ai pas écrit et c'est en fait un autre débat. »


Mercredi 28 octobre 2009 3 28 10 2009 00:50
- Par Moktarama - Publié dans : En France
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