Giscard au Grand Journal : ce que l'Histoire retiendra de 2008

Publié le par Moktarama


       
Valéry Giscard d'Estaing, ancien président de la République, était invité ce 20 janvier au Grand Journal de Canal + , pour commenter aux côtés de Rama Yade, secrétaire d'état en détresse, la prestation de serment du président Obama. Cela me fait toujours autant rire de voir des gens ayant une aussi haute idée d'eux-même se faire couper pour passer l'image tellement importante et en direct d'Obama qui "va aller déjeuner" ou celle du président Bush qui "monte dans une voiture pour aller au ranch de Crawford avant d'emménager dans une maison qu'il a acheté à Dallas" .

        Ainsi, au détour d'une conversation, notre ancien président déclarait, toujours aussi sûr de lui, que les deux évènements de l'année 2008, "et il faut bien s'en rendre compte", concerneront, dans une perspective large - il s'est retenu de parler d'Histoire mais l'intention transparaît - , je vous le donne en mille : "Premièrement, la Chine avec l'organisation des jeux olympiques, deuxièmement les USA avec l'élection de Barack Obama" .

        J'ai de la tendresse pour cet homme : après avoir expliqué d'un ton condescendant aux chroniqueurs - notamment le pas mauvais Ali Baddou dont il ose dire "qu'il ne connaît peut-être pas suffisamment les USA" - que la situation américaine est extrêmement grave et pour le moment incomparable à la nôtre, il oublie la crise comme évènement majeur de 2008...et ce avec le ton de celui qui sait comment se fait l'Histoire !

        Merci monsieur le président, pour ce grand moment de télévision permis en partie grâce à l'habitude des chroniqueurs de l'émission de se coucher complaisamment devant les réflexions des invités. L'Histoire sera meilleure juge de vos propos que moi, m'est avis tout de même que dans les futurs livres scolaires, la seconde Grande Dépression aura nettement plus de place que les J.O. ou même l'élection du premier président américain noir.


PS : je ne voudrais pas être médisant, aussi je signale que ledit Ali Baddou a finalement quelque peu jouté avec notre ancien président, au sujet du discours tenu par Obama. Et si je suis d'accord avec Giscard sur la nécessité de concret qui n'a pas été remplie par son discours, il est indéniable que les américains attendaient des mots plus que des actes, ce qu'a bien saisi le chroniqueur de l'émission.

Publié dans En France

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