Sébastien Fontenelle, anarchiste facétieux...

Publié le par Moktarama

...ou de la nécessité d'identifier le commentateur sur son espace de publication.


Attention : cet article est d'un inintérêt certain pour qui ne goûte pas le troisième degré, la conjecture hasardeuse, les micro-évènements blogosphériques et le brassage d'air. Par contre, si la capillotraction et la dissection des commentaires d'un blog renvoyant à un journal satirique en ligne vous captive, faites-vous plaisir :-)




        Le 10 décembre 2008 est publié chez Maître Eolas un article fort critique, dont le sujet était le traitement d'une information concernant Roland Dumas par le journal satirique Bakchich. M'attendant à voir répondre quelqu'un de Bakchich dans les commentaires - considérant l'audience d'Eolas - , j'ai quelque peu épluché ceux-ci. Et ce que j'y ai trouvé m'a fait rire et me poser quelques questions, malgré la dommageable absence de réponse sur le blog de maître Eolas de la part de la rédaction de Bakchich. Ainsi, six commentaires ont attiré mon attention. Voici les cinq premiers avec les réponses d'Eolas quand il y en a, il suffit de cliquer sur leur numéro pour accéder à leur emplacement originel :


18. Le mercredi 10 décembre 2008 à 13:19, par Philippe Val

Un seul mot: bravo!



22. Le mercredi 10 décembre 2008 à 13:47, par Philippe Val

C'est ce que j'aime, sur le Net: l'anonymat (courageux) permet tout.


Eolas:
Pour info, un journaliste de la rédaction de Bakchich connaît mon vrai nom, m'a rencontré et a mon numéro de portable.



69. Le mercredi 10 décembre 2008 à 20:08, par Phalappe Vil

"Eolas: Pour info, un journaliste de la rédaction de Bakchich connaît mon vrai nom, m'a rencontré et a mon numéro de portable."

Je suppose que tu voulais écrire: "un faux journaliste de la rédaction de Bakchich" - à ne pas confondre avec "les vrais journalistes" (de Libé)?

Je ne comprends plus rien: tu as laissé ton "vrai nom" et ton "numéro de portable" à des faux journalistes qui n'aiment "ni les avocats, ni le journalisme"???


Eolas:
Ne dites pas que vous ne comprenez plus rien. Manifestement, vous n'avez jamais rien compris.



96. Le jeudi 11 décembre 2008 à 10:01, par Phuluppe Vel

"Ne dites pas que vous ne comprenez plus rien. Manifestement, vous n'avez jamais rien compris." Bigre. Quand tu vannes, toi, tu vannes - hein?


Eolas:
Et je nettoie aussi très bien, je sens que vous allez bientôt tester.



103. Le jeudi 11 décembre 2008 à 11:02, par Phylyppe Vul

"Eolas: Et je nettoie aussi très bien, je sens que vous allez bientôt tester." Mais je n'en ai jamais douté. Je trouve même que tu n'as que trop tardé: quatre commentaires fielleux en deux jours, c'est plus que je n'en supporterais, quant à moi. (Soit dit sans corporatisme.)


        Le style de ce commentateur, tout comme son choix de pseudonyme(s) , ne vous rappelle-t-il pas quelqu'un ? Quelqu'un dont la prose est si caractéristique, incluant un large usage des parenthèses et guillemets, une familiarité affectée, et un sens ravageur de la sentence. J'ai nommé le sieur Sébastien Fontenelle, journaliste et rédacteur à Bakchich. Ce récent billet me semble représentatif de la production de ce Diogène moderne, je le recommande à l'éventuel lecteur masochiste qui se fout de la blogosphère mais lit cet article quand même.

        Bon, à partir de là, deux hypothèses : soit Sébastien Fontenelle est bien l'auteur de ces commentaires, soit un habile copiste de ce dernier sévit sur internet. J'ai donc écrit à la rédaction de Bakchich pour poser cette insignifiante question. Je n'attends néanmoins pas leur réponse pour publier, car les deux hypothèses m'intéressent et je suis loin d'être sûr de même obtenir une réponse.


Sébastien Fontenelle, fidèle à lui-même, est bien l'auteur


C'est l'hypothèse la plus probable à mes yeux, voici pourquoi :

  • Sébastien Fontenelle fait partie des rares journalistes à effectivement lire et surtout commenter de nombreux blogs.
  • Le thême du billet d'Eolas rend pratiquement impossible sa non-lecture par Fontenelle.
  • Enfin, le pseudonyme choisi et la spécificité du style rendent justement l'origine du commentaire évidente.

Cette conversation prend alors tout son sel, à l'avantage et aux dépends de son auteur principal : 

        Il fait rire quelques lecteurs, en tout cas ceux qui apprécient le troisième degré, avec des références "cachées" : en mettant à nouveau des propos véridiques de Philippe Val mais dans la version "revue et corrigée" - ce qui est entre parenthèses - précédemment par lui-même dans ses billets ; mais aussi en faisant référence à sa propre tolérance aux commentaires, lui-même ayant supprimé la possibilité de commenter il y a des lustres sur son propre support de publication.

        Mais il se décrédibilise en restant sur ce troisième degré, en refusant de répondre sur le fond à Eolas, se contentant de ses habituelles et certes percutantes formules. C'est dommage parce que tout ce qui fait le charme de ses écrits habituels est justement l'habile combinaison des deux. Là, on a un peu l'impression qu'il dégaine son fusil pour tirer des balles à blanc. Les commentateurs ne s'y trompent d'ailleurs pas et l'ignorent très largement, seuls deux d'entre eux répondant sur la centaine de messages :


30.
Le mercredi 10 décembre 2008 à 14:38, par Gwen

 

@ Philippe Val : C'est ce que j'aime, sur le Net: l'anonymat (courageux) permet tout.

Sauf que les deux articles en question sont signés.

Et votre (?) production suffit largement à prouver que le non-anonymat n'empêche pas de débiter des âneries.


Eolas:
Le net permet l'anonymat courageux et l'usurpation d'identité téméraire, soyez prudent.


        Ce commentaire semble au premier abord prendre au pied de la lettre l'identité affichée du locuteur, malgé le placement du point d'interrogation qui induit un doute. Que pense donc Gwen ? En étant curieux, on voit que le le lien fourni renvoie à un article fort critique envers Philippe Val, répondant à cette question : Gwen a pris le truc au premier degré.


111.
Le jeudi 11 décembre 2008 à 15:10, par Mazarinet

 

@ Ph.l.ppe V.l #18,22,69,96,103 :

Vade retro, trollus satinicus !


        Si ce commentaire ne nous éclaire pas, il montre bien l'échec de Sébastien Fontenelle, car (presque) personne ne s'y est laissé prendre, quelle que que soit l'identité perçue par les autres commentateurs. Et il l'avoue avec fair-play :

118. Le jeudi 11 décembre 2008 à 16:46, par P.l.pp. V.l

@ Mazarinet Bon, bon, ça va, je m'en vais. Pas la peine de crier comme ça.




Quelqu'un d'autre, non identifié, est l'auteur

        Cela me semble fort peu probable, mais cette hypothèse aurait le mérite d'être presque poétique à mes yeux : imaginez un habile copiste, suffisamment habile en tout cas pour imiter et le style et les intentions d'un blogueur, et qui répondrait facétieusement à la place de celui-ci lorsqu'il s'abstient de commenter un article où on l'attendrait pourtant ! Un habitué des multipseudos sur les forums, qui déciderait de s'attaquer à l'élite de la blogosphère française, un anarchiste décidant de brouiller les discours...je me demande si ledit Fontenelle n'apprécierait pas, au final :-)



Eolas, le parfait arbitre

        En voilà un qui ne manque pas de finesse et même d'ambiguité, qu'il se soit posé la même question que moi ou non - lui doit d'ailleurs avoir la réponse via les statistiques de son blog. En effet, il est tout simplement impossible de savoir ce qu'il pense concernant ce locuteur d'après ses réponses, toutes plus sybillines les unes que les autres à ce sujet. C'est d'ailleurs plutôt dommage - il avait peut-être aussi autre chose à faire de son temps - , car tirer ça au clair aurait pu forcer Sébastien Fontenelle - ou mon mystérieux farceur - à ne plus se cacher derrière la rhétorique.

        Par ailleurs, je me demande ce qu'il en serait juridiquement parlant si un certain Philippe Val, qui semble avoir fort peu d'humour, apprenait à se servir d'internet et tombait là-dessus, que ce soit concernant Fontenelle, l'inconnu ou Eolas.

        Je poserai les questions ci-dessus à maître Eolas, que ce soit concernant sa connaissance ou non de l'identité du commentateur ou les éventuelles conséquences juridiques, si j'ai confirmation par Sébastien Fontenelle qu'il est bien l'auteur.



        Par conséquent, une mise à jour suivra - ou pas - , en fonction bien sûr de la réponse de Bakchich et de Fontenelle. Si vous êtes en train de me maudire pour vous avoir fait perdre quinze minutes de votre temps, désolé mais je vous avais explicitement prévenu :-)

Publié dans En France

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omnitech guides 10/12/2014 10:58

Some journalists will try to create news of their own and that is why people call those people fake journalists. They will never provide their real name. There should be truth in the news that they are writing.

Corti Zone ou l'art d'être puceau sans le vouloir 27/02/2009 22:46

Et bien alors, y'a pas eu de réponses du tout finalement ?En tout cas, je ne suivais plus ton blog depuis quelques temps, mais ça me fait bien du plaisir de revenir dessus.Même si je me retrouve avec 45646 pavés de 15 km à lire qui vont me prendre la nuit.Malheureusement, je faiblis déjà, je ne fais plus que survoler tes liens :)

Moktarama 28/02/2009 04:41


Non, de manière assez peu étonnante, le mail envoyé à Bakchich n'aura servi à rien...la réponse à la question posée restera au plaisir de l'imagination de chaque lecteur !

Passe un poil plus souvent (genre, plus que tous les six mois) , ça t'évitera d'être submergé par les pavés...ce n'est pas comme si je produisais ouatmille articles à la semaine ;-)