Entre la Chine dont la demande ne faiblit pas, l'Irak qui ne produit rien, l'Iran dont les capacités de raffinage sont ridicules, la Russie qui a 10 ans de retards dans les investissements,
et l'Arabie Saoudite qui sent que ses gisements vont bientôt produire moins et veut maximiser ses profits actuels, le pétrole n'est pas près de redevenir abordable, et l'ère du pétrole à 200$ le
baril pourrait arriver plus vite que prévu, les prix ayant déjà dépassé les analyses les plus pessimistes ces derniers mois.Aujourd'hui, on en est à 128$ le barilà comparer aux 102$ du 3 mars 2008...
Pour vous donner une idée, voici un excellent tableau donnant l'évolution des prix du pétrole en dollars de 2006 et en dollar courant depuis la découverte de
l'or noir :
On réalise ainsi laformidable envolée de ces derniers
mois, qui n'a rien de comparable aux pics précédents, et qui va probablement amener les prix à un plateau qui sera
sûrement très élevé. Ainsi, non seulement le record d'aujourd'hui - à 128 dollars le baril - va très certainement être dépassé dans les prochains jours, mais en plusles prévisions actuelles pour la fin de l'année- prévisions qui ces derniers mois ont systématiquement sous-évalué l'explosion des prix - ont été réévaluées à la hausse, de 141$ à 148$ selon les
agences.
Et c'est là qu'on apprécie le tampon que procure la monnaie unique - nonobstant les vitupérations permanentes de notre président contre la Banque Centrale
Européenne - de par sa force actuelle par rapport au dollar. Cela nous permet entre autres de ne pas en souffrir de la même manière que les américains. Je vous propose un autre graphique,
limpide, sur le sujet :
Parce que côté américain, c'est la débandade totale, car non seulement les américains sont férus de pick-up et autres gros consommateurs, mais en
plus la majeure partie des aménagements du territoire américains sont conçus pour la voiture et l'avion soit les deux moyens de
transports les plus coûteux en carburant. Et ce ne sont pas lesjérémiades de Bushqui vontpousser Abdallah à desserrer la
ceinture...
Ainsi, ils découvrent avec ébahissement ce que l'Europe fait depuis 25 ans, à savoir acheter des voitures plus petites, moins lourdes, moins
consommatrices, et se mettent à une vitesse accélérée à de profondes modifications de leurs habitudes induites par un prix de l'essence qui, bien qu'encore loin des prix français par exemple -
50% de moins environ - , n'en a pas moins triplé ou quadruplé depuis quelques années ; le choc fut donc infiniment violent et est en train d'entraîner de rapides changements de mentalités,
qu'il y a seulement quelques mois on n'aurait pas cru possibles dans ce pays ou la voiture est reine. Ce dessin de presse l'illustre assez bien :
Mais ne nous leurrons pas, l'euro ne va pas indéfiniment nous protéger - ni, pour la France, les centrales nucléaires - , il est urgent de
développer le ferroutage, le fret ferroviaire tout court, le fret par bateau ou barge sur des caneaux,des moyens de transports tous infiniment plus écologiques et économiques que la
route. Mais aussi l'éolien, le solaire, investir massivement dans les technologies de production d'énergie "propre" et adopter des mesures contraignantes - la taxe carbone par exemple. Je
ne sais pas pourquoi, j'ai l'impression d'écrire dans le vent vu les compétences denotre ministreen la matière...
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